Accueil Commission Allemagne La Normandie et la Basse-Saxe

La Normandie et la Basse-Saxe

73
PARTAGER

La Normandie et la Basse-Saxe

Un partenariat solide

Il apparaît que de nombreuses communes de Normandie sont jumelées avec des villes de Basse-Saxe. C’est le cas de plus de cent communes normandes, soit plus de la moitié des jumelages avec l’Allemagne. Comment expliquer cette situation ?

Au commencement

L’impulsion vient de la Basse-Saxe et le choix de la Normandie se fait avec l’appui de l’Ambassade de France en Allemagne. À l’origine, il y a l’idée de créer un appariement entre régions présentant des profils similaires, sur le modèle de celui entre la Bourgogne et la Rhénanie-Palatinat, avec en perspective le marché commun. Un voyage d’étude en Normandie fin 1957 convainc.
Le Land de Basse-Saxe et la Normandie ont en effet des points communs : ce sont de grandes régions bien peuplées et riches, avec façade maritime et ports, une agriculture basée sur l’élevage et des cultures diverses, une industrie automobile prometteuse.

Outre les critères économiques, il y a aussi la détermination de personnalités des deux régions, à différentes échelles, responsables politiques ou associatifs, acteurs de la société civile, tous partisans de la réconciliation franco-allemande sur fond de construction européenne. Les institutions éducatives sont aussi parties prenantes.

Parmi les personnalités de Basse-Saxe impliquées, il y a M. Holweg, maire de Hanovre, M. Ebbighausen, responsable de l’action civique en Basse-Saxe.

Mais il faut attendre 1987 pour que l’appariement entre la Haute-Normandie et la Basse-Saxe devienne officiel.

Rôle du Comité Normandie Basse-Saxe

Le Comité Normandie Basse-Saxe (appelé à l’origine Comité de liaison Normandie Basse-Saxe) créé à Caen en 1958 joue un rôle moteur dans la création des jumelages. Ce comité diffuse des listes de communes intéressées par les échanges et coordonne les partenariats à l’échelle de toute la Normandie. Ces facilités favorisent l’éclosion des jumelages avec la Basse-Saxe sur plusieurs décennies. M. Karl Lingner, du Comité Normandie Basse-Saxe de Hanovre, s’est particulièrement investi dans la préparation des jumelages.

La généralisation des jumelages

Par la suite, la signature du Traité de l’Élysée entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer le 23 janvier 1963 donne une impulsion et explique la signature de nombreuses chartes de jumelage à partir de 1965, motivée par la volonté de réconciliation.
Une délégation du Comité Normandie Basse-Saxe pour la Haute-Normandie est créée. Sous la présidence de Bernard Deladerrière, cette délégation prit un essor important avec de nouveaux jumelages et des actions innovantes, telle la journée des jumelages. En 2004, Elbeuf et Lingen, deux villes industrielles se jumellent.

Parfois, les appariements entre établissements scolaires précèdent les jumelages. On ne saurait trop saluer les actions personnelles des enseignants. Canteleu-Buchholz (1975), Gaillon Aubevoye-Sarstedt (1992), Forges les Eaux-Wennigsen (1998), doivent beaucoup aux professeurs français et allemands.
L’OFAJ (Office franco-allemand de la jeunesse, créé en 1963) favorise aussi la création des appariements et des jumelages. Exemple Épouville et Dinklage (1984).
Les anciens combattants et prisonniers de guerre jouent aussi un rôle important.
Parfois le jumelage passe par le sport, la musique, les arts plastiques, voire les pompiers à Moulineaux.

Il faut aussi rendre hommage à M. Werner Groepler, un Allemand fait prisonnier par les Américains et qui a décidé après la guerre de rester en Normandie et de consacrer sa vie à la réconciliation franco-allemande et à la construction de l’Europe, par la création de l’association la Maison de l’Europe (de Haute-Normandie) en 1963.

Toutes ces initiatives créent une synergie favorable aux échanges qui profite à la Basse-Saxe. Mais Caen et le Calvados se tournent vers la Basse Franconie en Bavière, sous l’impulsion d’un assistant allemand de l’université de Caen.

Zoom sur quelques partenariats

Rouen-Hanovre. Dès 1958, le maire de Hanovre, M. Holweg, souhaite jumeler sa commune à une ville de Normandie. La persévérance des élus de cette municipalité aboutit en 1966 au jumelage Rouen-Hanovre, soutenus par M. Henri Lemaur, délégué du Comité de liaison Normandie-Basse-Saxe, par les organisateurs d’échanges scolaires des lycées rouennais, par l’inspecteur d’académie, par la MJC Rive gauche et par les responsables de la jeunesse. Enfin, le 16 septembre 1966, à Hanovre, puis le 14 avril 1967 à Rouen, MM. Holweg et Tissot, maires de Hanovre et de Rouen, ont l’honneur de signer la charte de jumelage. Dès le 18 juin 1966, un premier départ de jeunes, dont des sportifs, part pour Hanovre. Avec le temps, de nouveaux axes de partenariat intensifient le jumelage.

Europe Echanges est un comité de jumelage intercommunal, créé en 1970. Son but est de favoriser et coordonner les jumelages entre les communes du plateau Nord (sept actuellement) et le Landkreis d’Uelzen en un premier temps. Né de la volonté des élus, il a bénéficié de la logistique du Comité Normandie Basse-Saxe avec l’aide d’Henri Lemaur. Le Kreis d’Uelzen a pour leader le docteur Berger. Acteur important de sa création, M. Philippe Milon est le premier président de l’association. Et pour son œuvre, il est maintenant président d’honneur. L’opération de lancement « Zweihundert » est un succès. Cinq cars emmènent deux cents Français à Uelzen et en retour, deux cents Allemands sont accueillis. À l’actif de M. Milon, un jumelage coopératif avec Tikaré au Burkina Faso, soutenu aussi par le Kreis d’Uelzen. Ce partenariat s’est élargi à la province du Bam, jumelée depuis 1979 au département de Seine-Maritime.
En accord avec Europe Échanges, en 1982, Europe Inter Echanges prend en main les jumelages des communes du plateau Est avec le Kreis d’Uelzen.

Et maintenant ?

Le Comité Normandie Basse-Saxe œuvre toujours. Il est présidé en Normandie par M. Jean-Marc Delagneau, professeur d’allemand et enseignant chercheur, correspondant de l’OFAJ, engagé en son temps dans les échanges scolaires puis universitaires internationaux et dans des expérimentations pour mettre l’Europe dans les études au sein des deux régions.
Il y a encore quelques nouveaux jumelages : Saint-Étienne-du-Rouvray et Nordenham (2011).
Les Comités de jumelage pavoisent à chaque anniversaire décennal.
Maintenant, le problème est de trouver une relève à la première génération qui a créé des liens d’amitié et participé à la politique de réconciliation, mettant en lumière l’importance de la société civile. Le temps est aussi venu de renouveler le sens des partenariats.
Dans ces deux régions sensibilisées aux échanges, il y a pour les jeunes de belles occasions de partager des projets.

Chantal Cormont

 

Remerciements à Messieurs Deladerriere, Delagneau, Faloise et Milon

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here