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mardi, octobre 27, 2020
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EUROPE-ECHANGES….POUR QUOI FAIRE ?

Née de l’idée folle de quelques pionniers Gérard Lefèvre et Philippe Milon- deux élus bois-guillaumais – pour “réconcilier les peuples, rassembler les citoyens et bâtir un monde d’amitié et de liberté”, Bois-Guillaume Echanges est créée en 1970.

Toujours fidèle à ses principes fondateurs, l’association évolue et devient Europe Echanges en 1976, puis association mixte intercommunale en 1982.

Son histoire et sa philosophie

En fait, chaque jumelage a son histoire, sa vocation et sa philosophie.

Les jumelages franco-allemands : une nécessité

En 1970, avec l’Allemagne, les jumelages franco-allemands sont une nécessité et ce, plus de 25 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. C’est l’enjeu de la réconciliation, c’est la démarche partagée de la construction européenne.

Convaincre la Grande Bretagne que l’Europe n’est pas une illusion

En 1973, avec la Grande-Bretagne, c’est le jumelage franco-anglais : c’est notre volonté de convaincre la Grande Bretagne que l’Europe n’est pas une illusion mais un espoir partagé.

L’Europe ouverte sur le monde

1980 : c’est notre prise de conscience de ce que l’Europe n’est pas une entité refermée sur elle-même mais qu’elle a un rôle à jouer dans l’ouverture au monde .L’Afrique, nos ex-colonies justifient notre engagement Nord-Sud.

Malgré le scepticisme ambiant, une demi-douzaine de personnes décide de jeter les bases d’une coopération avec la Haute-Volta ( devenue Burkina Faso), un des pays les plus pauvres du monde.

Depuis 30 ans, nos projets ont permis des réalisations importantes dans tous les domaines du développement .Un partenariat efficace et respectueux a permis d’établir des liens amicaux et riches.

L’Europe du sud en action

L’Italie et l’Espagne nous invitent au monde méditerranéen, à ce berceau de la civilisation et des échanges tous azimuts, et aux aspirations des peuples à la démocratie.

Au tour de l’Europe de l’est

Ainsi, c’est enfin novembre 1989 la chute du mur de Berlin, la chute du communisme, la liberté retrouvée de tant de peuples opprimés et notre jumelage avec la Pologne qui répondait à une triple préoccupation : l’élargissement de l’Europe, l’accompagnement de nos amis pour une démocratie retrouvée et un devoir de mémoire pour nous rappeler les sacrifices endurés.

Les 40 ans de l’association

Mai 2010 : nous fêtons les 40 ans de notre association et nous signons une nouvelle charte qui tient compte des réalités du monde d’aujourd’hui. Cette charte est devenue notre feuille de route .

Il est de notre responsabilité de répondre « présent » pour être de véritables acteurs de la construction d’ un monde plus juste et plus solidaire et plus vivable pour tous.

Europe- Echanges : un acteur engagé pour un monde de paix et fraternité.”

Philippe Milon

Président d’honneur et fondateur

La Normandie et la Basse-Saxe

Un partenariat solide

Il apparaît que de nombreuses communes de Normandie sont jumelées avec des villes de Basse-Saxe. C’est le cas de plus de cent communes normandes, soit plus de la moitié des jumelages avec l’Allemagne. Comment expliquer cette situation ?

Au commencement

L’impulsion vient de la Basse-Saxe et le choix de la Normandie se fait avec l’appui de l’Ambassade de France en Allemagne. À l’origine, il y a l’idée de créer un appariement entre régions présentant des profils similaires, sur le modèle de celui entre la Bourgogne et la Rhénanie-Palatinat, avec en perspective le marché commun. Un voyage d’étude en Normandie fin 1957 convainc.
Le Land de Basse-Saxe et la Normandie ont en effet des points communs : ce sont de grandes régions bien peuplées et riches, avec façade maritime et ports, une agriculture basée sur l’élevage et des cultures diverses, une industrie automobile prometteuse.

Outre les critères économiques, il y a aussi la détermination de personnalités des deux régions, à différentes échelles, responsables politiques ou associatifs, acteurs de la société civile, tous partisans de la réconciliation franco-allemande sur fond de construction européenne. Les institutions éducatives sont aussi parties prenantes.

Parmi les personnalités de Basse-Saxe impliquées, il y a M. Holweg, maire de Hanovre, M. Ebbighausen, responsable de l’action civique en Basse-Saxe.

Mais il faut attendre 1987 pour que l’appariement entre la Haute-Normandie et la Basse-Saxe devienne officiel.

Rôle du Comité Normandie Basse-Saxe

Le Comité Normandie Basse-Saxe (appelé à l’origine Comité de liaison Normandie Basse-Saxe) créé à Caen en 1958 joue un rôle moteur dans la création des jumelages. Ce comité diffuse des listes de communes intéressées par les échanges et coordonne les partenariats à l’échelle de toute la Normandie. Ces facilités favorisent l’éclosion des jumelages avec la Basse-Saxe sur plusieurs décennies. M. Karl Lingner, du Comité Normandie Basse-Saxe de Hanovre, s’est particulièrement investi dans la préparation des jumelages.

La généralisation des jumelages

Par la suite, la signature du Traité de l’Élysée entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer le 23 janvier 1963 donne une impulsion et explique la signature de nombreuses chartes de jumelage à partir de 1965, motivée par la volonté de réconciliation.
Une délégation du Comité Normandie Basse-Saxe pour la Haute-Normandie est créée. Sous la présidence de Bernard Deladerrière, cette délégation prit un essor important avec de nouveaux jumelages et des actions innovantes, telle la journée des jumelages. En 2004, Elbeuf et Lingen, deux villes industrielles se jumellent.

Parfois, les appariements entre établissements scolaires précèdent les jumelages. On ne saurait trop saluer les actions personnelles des enseignants. Canteleu-Buchholz (1975), Gaillon Aubevoye-Sarstedt (1992), Forges les Eaux-Wennigsen (1998), doivent beaucoup aux professeurs français et allemands.
L’OFAJ (Office franco-allemand de la jeunesse, créé en 1963) favorise aussi la création des appariements et des jumelages. Exemple Épouville et Dinklage (1984).
Les anciens combattants et prisonniers de guerre jouent aussi un rôle important.
Parfois le jumelage passe par le sport, la musique, les arts plastiques, voire les pompiers à Moulineaux.

Il faut aussi rendre hommage à M. Werner Groepler, un Allemand fait prisonnier par les Américains et qui a décidé après la guerre de rester en Normandie et de consacrer sa vie à la réconciliation franco-allemande et à la construction de l’Europe, par la création de l’association la Maison de l’Europe (de Haute-Normandie) en 1963.

Toutes ces initiatives créent une synergie favorable aux échanges qui profite à la Basse-Saxe. Mais Caen et le Calvados se tournent vers la Basse Franconie en Bavière, sous l’impulsion d’un assistant allemand de l’université de Caen.

Zoom sur quelques partenariats

Rouen-Hanovre. Dès 1958, le maire de Hanovre, M. Holweg, souhaite jumeler sa commune à une ville de Normandie. La persévérance des élus de cette municipalité aboutit en 1966 au jumelage Rouen-Hanovre, soutenus par M. Henri Lemaur, délégué du Comité de liaison Normandie-Basse-Saxe, par les organisateurs d’échanges scolaires des lycées rouennais, par l’inspecteur d’académie, par la MJC Rive gauche et par les responsables de la jeunesse. Enfin, le 16 septembre 1966, à Hanovre, puis le 14 avril 1967 à Rouen, MM. Holweg et Tissot, maires de Hanovre et de Rouen, ont l’honneur de signer la charte de jumelage. Dès le 18 juin 1966, un premier départ de jeunes, dont des sportifs, part pour Hanovre. Avec le temps, de nouveaux axes de partenariat intensifient le jumelage.

Europe Echanges est un comité de jumelage intercommunal, créé en 1970. Son but est de favoriser et coordonner les jumelages entre les communes du plateau Nord (sept actuellement) et le Landkreis d’Uelzen en un premier temps. Né de la volonté des élus, il a bénéficié de la logistique du Comité Normandie Basse-Saxe avec l’aide d’Henri Lemaur. Le Kreis d’Uelzen a pour leader le docteur Berger. Acteur important de sa création, M. Philippe Milon est le premier président de l’association. Et pour son œuvre, il est maintenant président d’honneur. L’opération de lancement « Zweihundert » est un succès. Cinq cars emmènent deux cents Français à Uelzen et en retour, deux cents Allemands sont accueillis. À l’actif de M. Milon, un jumelage coopératif avec Tikaré au Burkina Faso, soutenu aussi par le Kreis d’Uelzen. Ce partenariat s’est élargi à la province du Bam, jumelée depuis 1979 au département de Seine-Maritime.
En accord avec Europe Échanges, en 1982, Europe Inter Echanges prend en main les jumelages des communes du plateau Est avec le Kreis d’Uelzen.

Et maintenant ?

Le Comité Normandie Basse-Saxe œuvre toujours. Il est présidé en Normandie par M. Jean-Marc Delagneau, professeur d’allemand et enseignant chercheur, correspondant de l’OFAJ, engagé en son temps dans les échanges scolaires puis universitaires internationaux et dans des expérimentations pour mettre l’Europe dans les études au sein des deux régions.
Il y a encore quelques nouveaux jumelages : Saint-Étienne-du-Rouvray et Nordenham (2011).
Les Comités de jumelage pavoisent à chaque anniversaire décennal.
Maintenant, le problème est de trouver une relève à la première génération qui a créé des liens d’amitié et participé à la politique de réconciliation, mettant en lumière l’importance de la société civile. Le temps est aussi venu de renouveler le sens des partenariats.
Dans ces deux régions sensibilisées aux échanges, il y a pour les jeunes de belles occasions de partager des projets.

Chantal Cormont EUROPE ECHANGES

Remerciements à Messieurs Deladerriere, Delagneau, Faloise et Milon

Au service de 7 communes

Les élus de sept communes voisines des plateaux Nord de Rouen

adhèrent pleinement à ce projet : Bois-Guillaume, Bihorel, Bosc-Guérard-Saint-Adrien, Darnétal, Fontaine le Bourg, Isneauville et Ry. Ils ont décidé de confier la gestion de leurs relations internationales à Europe Echanges.

Forte de cette confiance, Europe Echanges gère six jumelages, avec cinq partenaires européens liés par la signature de chartes d’amitié d’une part, et un jumelage-coopération avec un partenaire africain d’autre part :

  • le Kreis d’Uelzen (Basse-Saxe) en Allemagne,
  • Kegworth et la Soar Valley (Leicestershire) en Angleterre,
  • Baix-Camp (Catalogne) en Espagne,
  • Torgiano (Ombrie) en Italie,
  • Wejherowo et Szemud (Cachoubie) en Pologne,
  • Tikaré (province du Bam) au Burkina-Faso.

Grâce à Europe Echanges, 40 000 Normands sont donc aujourd’hui en relation avec 120 000 partenaires étrangers. La charte commune signée par tous les partenaires et toutes les communes associées lors du 40e anniversaire de l’association en est le dernier témoignage. Tous sont réunis autour d’une philosophie commune : un monde de fraternité et de respect de la diversité des cultures, ouvert sur l’avenir d’un univers équilibré où l’Homme reste la valeur première.

Europe Echanges est gérée par un conseil d’administration de 27 membres maximum, élus par l’assemblée générale annuelle, auxquels s’ajoutent les délégués des maires et leurs représentants. Philippe Milon, fondateur de l’association, est le président d’honneur d’Europe Echanges. Le bureau propose les actions de jumelages et leur financement : il se compose de 18 membres, dont les délégués des maires et les responsables des commissions pays qui animent les échanges. Depuis l’Assemblée Générale de mars 2020 , ce bureau est constitué par :

 

Président : BRIGITTE LE MOIGN

Présidente déléguée:

EMILIE SUCHEYRE

Trésorière :

Annick GABRIEL

Secrétaire Générale :

VERONIQUE BARBIER

Secrétaire Générale Adjointe : 

MANUELA LESAGE

Responsables Pays :

Afrique : Dominique BERNARD

Allemagne : Françoise SUCHEYRE

Angleterre : Sandra PERNEL

Espagne : Sylvie CROISE

Italie:  Véronique Barbier

Pologne : Hélène ZYCH

Les échanges

Une fois les discours et festivités achevés, la charte signée, chacun peut rentrer chez soi et rien ne change… C’est du moins ce que l’on pourrait craindre, sauf si, de part et d’autre, chacun a décidé de se connaître, de se comprendre. Donc rien de mieux que de se rencontrer régulièrement, une fois chez l’un, une fois chez l’autre, en acceptant d’être reçu dans une famille et en partageant en toute simplicité son quotidien pendant un séjour : ce sont les échanges.

Chaque jumelage, géré par un comité français et son homologue étranger, réunit des bénévoles désireux de constituer des échanges réguliers, alternés, centrés sur des thèmes culturels, sportifs, de réflexion… Ainsi se construisent des amitiés durables et fidèles. Les préjugés nationaux tombent tout naturellement et, on peut l’espérer, pour longtemps.

La réciprocité, le partage du quotidien et la recherche de l’entente sont les ferments des échanges.

Les cours de langues

Mieux communiquer ensemble ? Quel meilleur moyen que de connaître la langue de nos partenaires. Nombreux, de niveaux variés afin de s’adapter à un large public, depuis les jeunes du primaire jusqu’aux adultes confirmés, nos cours devraient permettre à chacun de participer activement aux échanges et à l’hébergement.

L’échange dans une même langue facilite la compréhension et le dialogue.

Les moments de réflexion

Etablir des relations profondes et durables signifie aussi réfléchir ensemble : d’où l’organisation régulière de colloques, rencontres, débats, conférences avec nos partenaires.

Partage des idées et des projets permettent de construire un avenir commun.

L’avenir d’Europe Echanges

Si l’ambition affichée d’Europe Echanges est bien de contribuer à la construction d’une Europe citoyenne et à son ouverture sur le monde, il est certain que le rôle des jeunes est primordial car ce sont eux qui assureront la relève et l’avenir.

Déjà nombreux, actifs et fidèles à Europe Echanges, ils sont plus de 200 à participer aux échanges scolaires : Uelzen depuis plus de 18 ans avec le collège Michelet de Bihorel ; Wejherowo et Szemud en Pologne depuis trois ans avec le collège Lucie Aubrac d’Isneauville ; Montroig en Espagne depuis 2011 avec le collège Chartier de Darnétal. Mais ils participent aussi aux échanges informels qui regroupent chaque année des jeunes qui construisent leur programme avec leur partenaire : c’est le cas du groupe d’Emilie Sucheyre (commission Allemagne) en lien avec les jeunes d’Uelzen.

Enfin, le programme « Jeunesse en action » soutenu par l’Union Européenne permet à des jeunes de 3 à 4 pays de se rencontrer lors de camps d’été organisés à tour de rôle par différents partenaires, sur leur sol et selon un thème déterminé entre eux : un premier camp d’été a ainsi été organisé il y a quelques années à Wejherowo par l’intermédiaire d’Europe Echanges, réunissant Polonais, Lituaniens, Allemands et Français. Ont suivi un camp d’été en Normandie en 2000 autour du thème « un pont sur l’eau », puis un camp d’été à Uelzen en 2010 sur le thème des « relations entre les jeunes et les médias », enfin une rencontre Internationale de Jeunes Polonais, Espagnols, Italiens et Français en juillet 2014 à Rouen sur le thème du Gaspillage Alimentaire.

Les occasions de se rencontrer utilement ne manquent pas et peuvent encore s’enrichir de formes nouvelles ; pour cela, les suggestions des jeunes sont les bienvenus.